Zoo de Zurich
Les éléphants de Zurich
Le zoo de Zurich détient des éléphants depuis 1971. En 2014, l’établissement a inauguré la nouvelle installation « Kaeng Krachan », présentée comme l’une des plus modernes d’Europe, après un investissement d’environ 57 millions de francs. Actuellement, cinq spécimens d’Asie (Elephas maximus) y sont détenus :
- Thai : mâle né en 2004 au Tierpark Hagenbeck (Hambourg, Allemagne) et arrivé à Zurich en 2014.
- Fahra : femelle, née en 2005 au zoo de Zurich. Fahra a donné naissance trois fois : en 2017 (l’éléphanteau est mort en 2022 du virus de l’herpès) puis en 2020 (tué par le groupe peu après la naissance) et en 2023 (mort quelques heures après la naissance).
- Indi : femelle, née en 1986 au Tharwaddy Camp, au Myanmar et arrivée en 1999 à Zurich. Indi a donné naissance cinq fois : Chandra (née en 2002, actuellement au zoo de Zurich), Fahim (né en 2005, actuellement à Copenhague) Omysha (née en 2014, morte en 2022 du virus de l’herpès), Umesh (né en 2020, mort en 2022 du virus de l’herpès), et un mâle né en juin 2026 et euthanasié en raison d’un problème au niveau des pattes arrière.
- Chandra : femelle, née en 2002 au zoo de Zurich. Fille d’Indi. Potentiellement incapable de se reproduire.
- Panang : femelle, née en 1989.
Malgré l’ouverture de l’installation Kaeng Krachan en 2014, les éléphants de Zurich vivent dans un espace sans commune mesure avec celui qu’ils parcourraient à l’état sauvage. Selon un rapport établi en 2023 par le Dr. Keith Lindsay, la plus longue distance en ligne droite disponible dans l’enclos extérieur est d’environ 80 mètres, alors que les éléphants sauvages parcourent en moyenne 10 kilomètres par jour. Les animaux sont maintenus dans des groupes artificiels, dont certains doivent être séparés en raison de conflits sociaux, tandis que leurs déplacements, leurs contacts sociaux et leur accès aux différents espaces restent largement contrôlés par les soigneurs.
Depuis 1971, le zoo de Zurich a enregistré 16 naissances, mais 20 décès d’éléphants, dont de nombreux éléphanteaux. Plusieurs éléphants ont succombé au virus EEHV, d’autres à la naissance ou ont été tués par des membres de leur propre groupe (ce qui ne se produit pas dans la nature). Ces chiffres reflètent les difficultés persistantes à répondre aux besoins complexes des éléphants en captivité. Pour le groupe et tout particulièrement pour les mères, chaque décès d’éléphanteau est un traumatisme.
Conservation
Contrairement au zoo de Bâle, le zoo de Zurich affiche son engagement en faveur de la conservation à travers 8 programmes de terrain pour plus de 2,9 millions de francs par année via le Naturschutzfranken. Il priorise notamment ses efforts pour la protection des éléphants dans le parc national de Kaeng Krachan en Thaïlande. La contribution totale du programme de conservation – environ 3,1 % des recettes d’exploitation totales (2024) – demeure toutefois modeste au regard des sommes investies dans les infrastructures zoologiques et l’entretien des animaux captifs. Comme pour la plupart des zoos modernes, la conservation est essentiellement utilisée comme argument de légitimation de la captivité. Par ailleurs, les éléphants détenus à Zurich ne seront jamais réintroduits dans la nature et ne contribuent donc pas au renforcement des populations sauvages. Les programmes de reproduction servent avant tout à maintenir des populations captives destinées au divertissement.